Les hommes et l’IVG

Tendre la main, Sensibiliser, Partager…

hommeNotre but est de tendre la mains aux pères brisés ou blessés par l’avortement. En particulier ceux qui regrettent leur paternité perdu et cherchent de l’aide.

L’expérience nous a montré que beaucoup d’hommes souffrent après la perte de leur enfant avorté. Souvent ils se sentent seuls avec cette souffrance, questionnent leurs émotions et se demandent même si ils ont le droit de ressentir cette douleur.

« Donnez moi le droit de parler de mon enfant. Il a vécu brièvement. Il est mort tragiquement…Pour les hommes blessés par l’avortement, la question de savoir si l’enfant avorté avait huit, quatorze ou vingt semaines est sans intérêt. Cela n’éclaircit pas leurs doutes, n’apaise pas leur souffrance et ne diminue pas leur difficulté d’en faire le deuil, » Michel Hermenjat auteur de Cet enfant qui m’a manqué, parole d’homme face à l’avortement.

« Alors que je cherchais de l’aide auprès de différentes personnes, très peu comprenaient pourquoi j’allais aussi mal. Surmonte cela, c’était juste un avortement me disaient-ils. Mais je ne pouvais pas. C’était beaucoup plus qu’un avortement. J’avais perdu un enfant et personne ne semblait comprendre, » Jason Baier, La paternité pour toujours.

Rompre le Silence

Le meilleur moyen pour les hommes de savoir qu’ils ne sont pas seuls et que leurs émotions sont légitimes est d’entendre les témoignages d’hommes qui sont passés par le même chemin. La démarche Rompre le Silence permet aux hommes en témoignant d’offrir inspiration et aide aux autres pères qui cherchent de l’aide.

En participant à un programme de rétablissement post-avortement, vous découvrirez que même si vous avez perdu l’occasion de parenter votre enfant sur cette terre, vous restez son père pour toujours.

Après avoir participé à un de ces programmes de rétablissement, peut être ressentirez vous l’appel de rompre le silence à votre tour.

Votre rôle dans la décision d’avortement

Une bonne manière pour commencer votre processus de rétablissement post-avortement est de réfléchir à votre rôle dans la décision d’avorter.

Vous rentrez probablement dans une des 6 catégories suivantes :

  • Vous et votre partenaire étaient d’accord pour l’IVG. vous l’avez probablement soutenue en allant à la clinique ou/et en payant pour l’IVG.
  • Vous avez fait pression sur votre partenaire pour qu’elle avorte. Vous l’avez peut être menacée de la quitter si elle n’avortait pas.
  • Vous avez abandonné votre partenaire pour éviter d’avoir à prendre cette décision.
  • Vous avez passivement laissé votre partenaire faire ce qu’elle voulait. Peut-être étiez-vous dans la confusion sur ce qu’il fallait faire ou pensiez que c’était entièrement son choix.
  • Vous vouliez cet enfant mais n’avez pas réussi à l’empêcher d’avorter.
  • Vous lui avez offert toutes les moyens à elle et à l’enfant de subvenir à leurs besoins.
  • Vous n’étiez pas au courant de sa grossesse et/ou de l’avortement avant l’IVG.

Selon votre rôle dans l’avortement vous pouvez avoir des réponses très différentes. Si vous étiez impuissant à stopper l’IVG, vous pouvez avoir immédiatement des sentiments de colère, de dépression et même des idées suicidaires. Si vous n’avez pas été impliqué dans la décision, vous pouvez vous avoir du mal à comprendre vos émotions et vous débattre avec des sentiments persistants de culpabilité et de honte. Quelque soit votre rôle dans la décision d’avorter, votre rôle de père a été prématurément interrompu.

Les hommes ont un instinct naturel pour soutenir et protéger leur famille. Pour certains hommes, cet instinct s’installe dès l’annonce de la grossesse. Pour d’autres hommes, cela vient beaucoup plus tard, lorsqu’ils deviennent pères d’autres enfants et se débattent pour comprendre la perte qu’ils ont subie consécutivement à l’avortement. L’avortement ne permet pas à cet instinct de protection de s’exercer. Cela peut leur laisser un sentiment de vide, d’impuissance, de défaite, de confusion et de perte du sens de la vie. Ces émotions peuvent les hanter pendant des années après l’IVG.

Émotions et symptômes fréquents après un avortement

Beaucoup d’hommes ont du mal à comprendre et à exprimer leurs émotions. Ces sentiments refoulés peuvent proliférer et vous détruire du plus profond de votre être. Votre comportement peut devenir colérique, amer, déprimé, vindicatif, méfiant et même imprudent. Peut-être n’êtes-vous pas conscient que ces émotions résultent d’une expérience d’avortement.Vous pouvez nier cette expérience, tenter d’intellectualiser vos sentiments, projeter vos émotions sur autrui ou fuir autant que possible les contacts sociaux.

On demande aux hommes d’être forts et courageux. Toute expression d’émotions peut les amener à être perçus comme faible et lâche. Ces attentes peuvent amener les hommes à cacher leur vraies émotions et à prétendre que tout va bien. Seulement en profondeur, nous savons que nous souffrons et que, en conséquence, nos relations, nos familles, notre travail et nos responsabilités sont impactés négativement. Ce mode de comportement est fréquent après l’IVG.

Voici une liste incomplète des émotions que vous pouvez ressentir (avec les symptômes) :

  • Colère excessive /déficit d’attention
  • Anxiété /promiscuité
  • Crises de panique /impotence
  • Troubles de l’humeur /méfiance
  • Pauvre estime de soi /insomnie
  • Impuissance /cauchemars
  • Soucieux / isolement
  • Tristesse / prise de risque
  • Dépression /isolement
  • Confusion /addiction
  • Culpabilité / pensées suicidaires
  • Peur de l’échec / violence

Vous réaliserez probablement que vous souffrez de plus d’un ou deux symptômes. Beaucoup vont de pair et certaines émotions conduisent à certains comportements spécifiques. Le premier pas vers la guérison est de reconnaitre la possibilité que votre expérience d’avortement puisse être la cause de ces émotions et de ces symptomes.

 Il y a de l’espoir ! Voici l’étape suivante

Bien que puissiez être tenté de désespérer, il y a de l’espoir. Vous pouvez retrouver votre vie, un sens, une signification pour celle-ci. C’est un défi et vous ne pouvez y arriver seul. D’abord vous devez réaliser que c’est complètement normal, acceptable et sain de pleurer la perte de votre enfant. Mieux vaut valider cette émotion de douleur et pleurer cette perte que de supprimer et enfouir toute émotion. Rappelez-vous que vous n’êtes pas seul.

« Tout homme qui a perdu un enfant a une histoire. Nous devrions être prêts à l’écouter » de Warren William, Fathers and brothers Ministries

Trouvez un programme de rétablissement où vous puissiez vous retrouver avec d’autres qui partageront et comprendront votre expérience et pourront vous guider à travers le processus de rétablissement. Ceci pourra à votre tour vous inspirer à racontez votre histoire à d’autres qui vous écouteront et vous comprendront.

La part la plus difficile est de pardonner aux autres personnes impliquées. Reconnaitre qu’elles ont pu être trompées, mal informées. Accepter votre rôle dans la décision et apprendre avec le rétablissement à vous pardonner vous-même. Trouver un programme où vous pourrez reconnaitre cet enfant comme un membre de votre famille. Une partie du processus de guérison consiste à nommer votre enfant, faire une action de commémoration en son honneur qui vous aidera à trouver un sentiment de paix et de restauration.

Depuis le moment où votre enfant a été conçu, vous avez créé une vie nouvelle. Même si votre enfant n’a jamais vu le jour vous restez son père pour toujours.

Regardez la liste des Ressources disponibles pour vous aider.