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Annick

Si je n’avais pas avorté en 1981, ma fille Julie aurait 35 ans. Issue d’une famille désunie, j’ai commencé à travailler très jeune à 14 ans. A l’époque où je passais mon permis de conduire, j’ai vécu une relation déséquilibrée et malsaine avec un homme de 30 ans plus âgé que moi. Cet amant expérimenté, dominateur et pervers, m’a fait vivre « l’enfer » et c’est l’annonce de la grossesse qui m’a fait réagir. Rupture et avortement se sont imposés. Mais cette décision extrême et radicale, dans la plus grande solitude et même un certain secret, a été lourde de conséquences !L’intervention a été longue, parce que compliquée par des réveils violents au bloc. Le réveil final a été terrible ! Une fois rentrée chez moi, il a fallu que je retourne d’urgence à la clinique : l’hémorragie n’arrêtait pas !J’ai vécu 35 ans avec  ce crève-cœur, ce secret, cette honte.

Heureusement, à l’époque de ma préparation au mariage, puis à celle de mon divorce, Abba miséricordieux m’a fait rencontrer des êtres bienveillants, à qui j’ai pu me confier et qui m’ont introduit que je pouvais oser donner un prénom à ma petite fille…Divorcée depuis 20 ans, j’ai élevé mes deux enfants. A la quête d’amour, je me suis égarée dans des relations amoureuses et j’ai fait deux fausses couches, une petite Lucie et un petit Joshua. Et puis, cette année, une amie, membre du Foyer de Roquefort les pins, qui m’avait parlé de la retraite « La Vigne de Rachel », m’a confirmé que je pouvais si je le souhaitais en suivre une. Grâce à la bienveillance des accompagnants et des participants, j’ai somme toute pu trouver ma place et découvrir ce que jamais je n’aurais pu imaginer : « La Parole de Dieu est Parole de Vie, de Consolation, de Guérison ! »Grâce à « La Vigne de Rachel » et à l’accueil chaleureux de la Communauté du Foyer de Charité, j’ai pu renouer le dialogue avec Julie. Rendre grâce que sa petite vie soit dans le Cœur du Père. Vivre une célébration qui m’a permis de la déposer dans le Cœur Miséricordieux de Abba. Me rétablir dans cette relation de Confiance, de Paix et d’Amour.

 

Antoine sur France 2

J’avais 16 ans. Un matin, dans la salle de cours du lycée, entre une jeune fille dont je tombe immédiatement amoureux.

Nous nous déclarons 8 mois plus tard…

Notre relation était très fleur-bleue. Dans la continence pendant 2 ans, car nous n’étions pas très pressés.

5 ans plus tard, elle tombe enceinte. J’étais sincèrement convaincu qu’une IVG était quelque chose d’anodin. On retire une partie du corps de la femme sans dommage… Et puis il était convenu, dans ma tête, que si une grossesse “accidentelle” advenait, l’IVG serait pratiquée d’emblée.

J’ai été étonné qu’elle en souffre.

Notre relation s’est achevée un an plus tard.

Ensuite, j’ai cherché à faire ma vie avec une femme mais sans jamais tomber amoureux.

Je me suis marié, et ce fut une catastrophe, malgré 2 enfants.

22 ans après l’IVG, j’ai pris conscience que si elle n’avait pas eu lieu, il y aurait sur cette terre une personne de 22 ans qui serait mon fils ou ma fille. Cette personne n’a pas eu le droit de venir au monde.

Cette pensée m’est insupportable et j’évite de l’approfondir car cela me donne le vertige. J’ai le sentiment, la conviction, d’avoir commis un crime.

De toute façon, la prise de conscience vient tôt ou tard, et c’est terrible.

Bien que ce soit elle qui ait rompu, elle a voulu renouer quelques années plus tard alors que… je venais de me fiancer. Elle s’est mariée par la suite. Je la contacte de temps en temps depuis quelques années.

Après mon divorce, j’ai eu trois autres relations qui se sont plus ou moins bien terminées.

Maintenant, je sais que je ne pourrais jamais tomber amoureux d’une autre femme, que je reste donc fidèle à mon premier amour, ce qui implique pour moi le célibat et la continence.

J’ai choisi de rompre le silence pour dire que l’air du temps nous fait croire que c’est le rapport sexuel qui fait naître le couple. Or c’est le contraire: c’est le couple formé qui fait naître le rapport sexuel. Il faut donner son coeur avant de donner son corps.

Antoine a donné son témoignage dans l’émission “ma femme a décidé d’avorter” Toute une histoire du 12 mars  2015 sur France 2

Anne-Marie

J’ai subi un avortement thérapeutique à 8 mois de grossesse il y a 25 ans et c’était notre 1er enfant. Il était atteint de trisomie 18. A cette époque, nous étions jeunes et complètement désemparés face à cette décision qu’on nous a poussé à prendre. Depuis tout ce temps, je me sentais coupable d’avoir laissé tuer mon enfant et pensais être une mauvaise mère avec nos 5 autres enfants.

En venant à une session de guérison la Vigne de Rachel avec mon mari, début 2014, j’ai été comblée au-delà de mes espérances ! Jai été délivré de ma culpabilité et j’ai ressenti au plus profond de mon cœur la miséricorde de Dieu. Mon mari, qui venait pour moi, a aussi été délivré de sa colère contre son père qui s’est suicidé lorsqu’il était adolescent et à qui il n’avait jamais réussi à pardonner le geste. Ce week-end a été un miracle pour chacun de nous, un nouvel enracinement pour notre couple et une richesse pour notre famille. Je suis enfin en paix.

J’ai donc décidé de rompre le silence pour aider toutes les femmes qui restent à souffrir seules en silence car l’avortement reste un tabou mais il faut que çà s’arrête.

Christine, épouse de Christian

Je n’ai pas vraiment « choisi » d’avorter… Quand mon test de grossesse s’est montré positif, j’étais plutôt heureuse mais mon ami m’a dit qu’il me quitterait si je gardais le bébé… Je me suis laissée faire, par peur. Peur de perdre mon amoureux, peur de me retrouver toute seule, peur de la réaction de mon père s’il apprenait que j’étais enceinte. J’ai donc avorté par peur. J’avais 19 ans.

Nous étions en 1975. La loi venait de passer en France. D’abord nous avons eu une réunion au planning familial. Il y avait d’autres couples. On ne nous a pas dit grand-chose. Je me sentais d’une autre planète, déconnectée.

Ensuite, l’avortement se passait dans un centre, à Montpellier. Mon ami est reparti et j’ai dû passer la nuit-là avant l’avortement le lendemain matin. J’étais dans une chambre avec d’autres filles comme moi. En pleine nuit j’ai eu une attaque de panique terrible. J’ai crié, hurlé. Le médecin est venu. Il a essayé de me rassurer en me disant que ce n’était qu’une toute petite cellule pas plus grosse qu’une tête d’épingle, que ce n’était rien. Les autres filles essayaient aussi de me rassurer. L’une d’elle était là pour son 4ème avortement ! J’avais envie me sauver en courant, mais j’étais « prisonnière ». Je ne pouvais rien faire.  Je garde de cette nuit-là un souvenir de panique et de cauchemar. Pour l’avortement j’ai été anesthésiée, rien vu, rien senti. Je me suis réveillée de l’anesthésie en énormes sanglots … Le reste est flou…

Immédiatement après l’IVG j’ai ressenti une immense et profonde tristesse. J’ai vite enfermé mes sanglots, et ma peine, mon cauchemar dans une boite que j’ai enfouie au plus profond de mon coeur. 

Mon ami et moi avons continué à vivre ensemble, comme si de rien n’était. Nous n’en parlions pas.Nous nous sommes mariés un an et demi plus tard. Au début, rien ne semblait avoir changé dans notre vie…

Les problèmes sont venus après les naissances de nos filles. J’avais de plus en plus de ressentiment envers mon mari. Je suis devenue hyper maniaque : ma maison devait être nickel, chaque chose à sa place exacte. (un TOC…) J’étais hyper mère-poule, hyper protective…J’ai commencé à avoir des attaques de panique la nuit, surtout quand mon mari était en voyage. Un jour en passant l’aspirateur dans la chambre d’une de mes filles, j’ai trouvé un petit bébé bonux en plastique. Là j’ai compris : les angoisses venaient de notre avortement. Parfois, je m’étonnais de ne pas avoir de sentiments forts pour mes enfants, mon mari, comme si je devenais de plus en plus insensible. Je ne pouvais pas parler de notre passé, de nos débuts, de notre histoire. Je refusais d’aller dans ces souvenirs-là.

Notre fille ainée à son tour a commencé à avoir des crises d’angoisses terribles, vers 8 ans, des angoisses de séparation qui la rendaient physiquement malade. La psychologue scolaire après avoir parlé à chacune de nous séparément, m’a demandé d’avouer à notre fille notre avortement là, sur place. La psy m’affirmait que notre fille savait inconsciemment qu’il s’était passé quelque chose avant sa naissance.

Ma guérison s’est faite petit à petit, tout au long de ces 39 années… et je pense qu’elle continuera jusqu’à ma mort! La confession a été une première étape. Puis J’ai fait une expérience forte de l’amour de Dieu en 1982 et j’ai renoué avec la foi. Mon mari a suivi 2 ans plus tard. Nous avons rencontré une association qui nous a aidés à donner un nom à notre enfant, à en parler. Plusieurs années plus tard, nous avons participé à une retraite de la Vigne de Rachel. Il n’y pas eu de grande guérison éclatante, mais plusieurs petites guérisons, comme un pas après l’autre.

Ce n’est que 34 ans après notre avortement, que la boite au fond de mon coeur a pu se fissurer. Lors d’un voyage de mon mari auprès de son frère malade,  j’ai eu comme une « révélation » de son état de souffrance au moment de notre rencontre en 1974. Il venait de perdre sa mère d’un cancer. Sa petite amie avait avorté leur bébé sans lui demander son avis et elle venait de le quitter pour se marier sans rien lui dire… Mon coeur s’est rouvert. Après son retour, à Noel 2009,  j’ai enfin pu pleurer pour mon bébé …J’ai pu à nouveau ressentir l’amour fou de nos débuts pour mon mari, mes enfants, pleurer, apprendre à me donner. Cela m’a pris du temps, mais maintenant j’aime notre histoire, notre passé, malgré tout ce qui est arrivé et je sais que je suis pardonnée, guérie, aimée. La cicatrice est toujours sensible, mais je peux la regarder en face avec mon mari.

J’ai décidé de rompre le silence parce que tout ce qu’on raconte sur l’avortement est mensonge: non ça n’aide pas les femmes, non, ce n’est jamais un solution, oui, c’est terrible ! Ca détruit un enfant et ses parents avec, en profondeur, et pour longtemps.

rappel: témoignage de Christian, mari de Christine

J’avais 21 ans quand ma petite amie m’a annoncé qu’elle était enceinte. Nous avions des relations élastiques. Cet été là, je travaillais au Maroc, elle passait ses vacances en Espagne, elle est venue me voir avant de repartir sur Paris. C’est de Paris qu’elle m’a téléphoné.

Elle avait déjà pris sa décision d’avorter et avait tout organisé.
Elle allait partir en Angleterre chez sa grand-mère. A cette époque l’avortement était déjà légal en Angleterre, mais pas encore en France.
J’ai suggéré, du bout des lèvres, qu’on pourrait se marier.
Mais elle avait trop peur de l’annoncer à son père, il n’était pas question de garder le bébé, ni de se marier.

Après l’avortement, nous nous sommes revus une ou deux fois et on est parti chacun de son côté sans jamais parler du bébé. Quelques mois plus tard j’ai appris par hasard qu’elle s’était mariée.
Je ne savais pas l’impact que cet avortement  allait avoir sur moi, ma vie, sur celle qui allait être ma femme, sur ma famille, sur nos enfants.

Ma mère était décédée le même été, alors étudiant à Montpellier, j’étais un peu perdu.
Je me suis alors blindé, j’ai enfoui et l’avortement et mes sentiments.
Je me suis fermé.
Je ne voulais plus m’attacher à personne, j’avais peur de souffrir et de faire souffrir, de ne pas être à la hauteur de situations difficiles, de ne pas pouvoir les affronter et les surmonter.

Quand Christine, ma future épouse, m’a dit qu’elle était enceinte, j’étais complètement anesthésié.
Je ne pouvais pas m’engager. Pour moi, l’avortement était la seule issue.
Le premier avortement avait détruit quelque chose en moi et ouvert la porte sur le deuxième avortement, comme une suite logique.
Je J’avais 21 ans quand ma petite amie m’a annoncé qu’elle était enceinte.
ne me souviens de rien.
J’ai de nouveau enfoui cet avortement et je ne pouvais pas en parler.

Pourtant, Christine et moi, nous nous sommes mariés et avons eu cinq filles.
Si je donnais l’impression d’être super bien, ça a été un long et douloureux chemin de guérison intérieure et de pardon à donner et à accepter que nous avons fait ensemble et heureusement.

C’est un chemin qui est passé par une rencontre avec Dieu.
Un Dieu d’amour, lui-même source de l’amour et de la vie.

En couple nous avons travaillé avec une organisation qui s’occupait des femmes enceintes qui pensaient à l’avortement, ou de femmes qui avaient avorté.
J’ai franchi une autre étape décisive quand j’ai pu parler de l’avortement, d’abord en couple puis avec nos filles.
Ne pas en parler, c’était comme une gangrène, un poison qui se répandait en moi.
En parler a permis d’arrêter à ce poison de faire d’avantage de dégâts et de continuer sur ce chemin de guérison.

Nous sommes aussi allés ensemble à un weekend de guérison, ça a été très fort pour moi.
On devait écrire une lettre à notre enfant, à mes enfants pour moi, et la lire.
J’ai pu écrire une lettre, mais je n’ai jamais pu la lire à haute voix tellement l’émotion était forte, les mots ne passaient pas ma gorge.
Ce weekend aura été une autre étape décisive.

Je ne pense pas que la guérison soit synonyme d’oubli, il n’est pas un jour où je ne pense à ces deux enfants, mais on apprend à vivre avec soi-même, à aimer et à s’ouvrir aux autres, à aider ceux et celles qui ont eu un ou des avortements, par exemple.

J’ai décidé de rompre le silence pour que le monde sache que l’avortement touche aussi les hommes et profondément. Le fait de devenir un parent, père ou mère, n’a rien d’anodin.
On est fait pour donner la vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

Christian, mari de Christine

J’avais 21 ans quand ma petite amie m’a annoncé qu’elle était enceinte.  Nous avions des relations élastiques.
Cet été là, je travaillais au Maroc, elle passait ses vacances en Espagne, elle est venue me voir avant de repartir sur Paris. C’est de Paris qu’elle m’a téléphoné.
Elle avait déjà pris sa décision d’avorter et avait tout organisé.
Elle allait partir en Angleterre chez sa grand-mère. A cette époque l’avortement était déjà légal en Angleterre, mais pas encore en France.
J’ai suggéré, du bout des lèvres, qu’on pourrait se marier.
Mais elle avait trop peur de l’annoncer à son père, il n’était pas question de garder le bébé, ni de se marier.

Après l’avortement, nous nous sommes revus une ou deux fois et on est parti chacun de son côté sans jamais parler du bébé. Quelques mois plus tard j’ai appris par hasard qu’elle s’était mariée.
Je ne savais pas l’impact que cet avortement  allait avoir sur moi, ma vie, sur celle qui allait être ma femme, sur ma famille, sur nos enfants.

Ma mère était décédée le même été, alors étudiant à Montpellier, j’étais un peu perdu.
Je me suis alors blindé, j’ai enfoui et l’avortement et mes sentiments.
Je me suis fermé.
Je ne voulais plus m’attacher à personne, j’avais peur de souffrir et de faire souffrir, de ne pas être à la hauteur de situations difficiles, de ne pas pouvoir les affronter et les surmonter.

Quand Christine, ma future épouse, m’a dit qu’elle était enceinte, j’étais complètement anesthésié.
Je ne pouvais pas m’engager. Pour moi, l’avortement était la seule issue.
Le premier avortement avait détruit quelque chose en moi et ouvert la porte sur le deuxième avortement, comme une suite logique.
Je J’avais 21 ans quand ma petite amie m’a annoncé qu’elle était enceinte.
ne me souviens de rien.
J’ai de nouveau enfoui cet avortement et je ne pouvais pas en parler.

Pourtant, Christine et moi, nous nous sommes mariés et avons eu cinq filles.
Si je donnais l’impression d’être super bien, ça a été un long et douloureux chemin de guérison intérieure et de pardon à donner et à accepter que nous avons fait ensemble et heureusement.

C’est un chemin qui est passé par une rencontre avec Dieu.
Un Dieu d’amour, lui-même source de l’amour et de la vie.

En couple nous avons travaillé avec une organisation qui s’occupait des femmes enceintes qui pensaient à l’avortement, ou de femmes qui avaient avorté.
J’ai franchi une autre étape décisive quand j’ai pu parler de l’avortement, d’abord en couple puis avec nos filles.
Ne pas en parler, c’était comme une gangrène, un poison qui se répandait en moi.
En parler a permis d’arrêter à ce poison de faire d’avantage de dégâts et de continuer sur ce chemin de guérison.

Nous sommes aussi allés ensemble à un weekend de guérison, ça a été très fort pour moi.
On devait écrire une lettre à notre enfant, à mes enfants pour moi, et la lire.
J’ai pu écrire une lettre, mais je n’ai jamais pu la lire à haute voix tellement l’émotion était forte, les mots ne passaient pas ma gorge.
Ce weekend aura été une autre étape décisive.

Je ne pense pas que la guérison soit synonyme d’oubli, il n’est pas un jour où je ne pense à ces deux enfants, mais on apprend à vivre avec soi-même, à aimer et à s’ouvrir aux autres, à aider ceux et celles qui ont eu un ou des avortements, par exemple.

J’ai décidé de rompre le silence pour que le monde sache que l’avortement touche aussi les hommes et profondément. Le fait de devenir un parent, père ou mère, n’a rien d’anodin.
On est fait pour donner la vie.

 

Dr Alveda King

Je suis la nièce de Martin Luther King. Je suis la mère de 6 enfants vivants et je suis grand mère. Je suis aussi une mère post-abortive.

Au début des années 70, j’ai subi deux avortements: le premier n’était pas voulu, le deuxième l’était.

Mon premier avortement a été pratiqué juste avant la légalisation de l’ivg par mon médecin. J’étais allée le voir pour comprendre pourquoi mes règles n’étaient pas revenues après la naissance de mon fils. Je n’ai pas demandé et je ne voulais pas d’avortement. Le médecin a dit vous n’avez pas besoin d’être enceinte, voyons voir. Il a pratiqué un douloureux examen qui a résulté en une perte abondante de sang et de tissus en provenance de mon utérus.

Il a expliqué qu’il avait fait un « curetage local ». Peu après le passage de la loi Roe Wade légalisant l’avortement, je me suis retrouvée de nouveau enceinte. Il y avait de la pression et des menaces de violence de la part du père. La facilité d’accès à l’ivg permise par la loi Roe Wade a rendu trop facile la décision fatale d’avorter mon bébé.

J’ai été voir le médecin qui m’a dit que l’intervention ne fera pas plus mal que de retirer une dent. Le jour suivant j’étais admise à l’hopital et notre bébé était avorté. L’assurance payait pour mon avortement.

Dès que je me suis réveillée, j’ai su que quelquechose n’allait pas. Je me suis sentie très malade et très vide. J’ai essayé d’en parlé au médecin et aux infirmières. Il m’ont assuré que tout irait bien d’ici quelques jours. Ils mentaient.

Dans les années qui suivirent j’ai eu bon nombre de problèmes médicaux. J’ai eu des difficultés d’attachement avec mon fils et avec ses 5 frères et soeurs nés après mes 2 avortements. J’ai commencé à souffrir de troubles alimentaires, de dépression, de cauchemars, de dysfonctionnalités sexuelles et autres problèmes liés à l’IVG que j’avais choisi d’avoir. Je me suis sentie en colère à propos des 2 avortements et particulièrement coupable pour l’IVG. La culpabilité m’a rendu très malade.

Mes enfants ont tous souffert de savoir qu’ils avaient un frère ou une soeur que leur mère a choisi d’avorter. Souvent ils me demandent si j’ai jamais pensé à les avorter et ils m’ont dit « tu as tué notre bébé ». C’est extrèmement douloureux pour nous tous. Le père de mon enfant avorté lui aussi regrette. Sans la loi Roe Wade, je n’aurais jamais subi cet avortement.

Pour moi comme pour d’innombrables mères post-abortives, rien de terrestre ne peut complètement restaurer ce qui a été perdu. Seul Jésus peut faire cela.

Je joins ma voix aux milliers de voix qui ont choisi de rompre le silence.

Mon oncle Martin Luther King a dit un jour, « le noir ne pourra jamais gagné tant qu’il sera prêt à sacrifier la vie de ses enfants pour son confort et sa sécurité » . Si le rêve de Martin Luther King doit vivre, nos bébés doivent vivre également.”

 

 

Emeline

J’ai choisi  d’avoir recours à l’avortement en 1969 à 19 ans. Comment ?

Il y avait, dans le vocabulaire de l’époque, les expressions « faiseuse d’anges », faire passer le bébé…. Très mystérieuses, ces  images adoucies.

17 ans, ma première expérience sexuelle, mon petit ami a au moins 13 ans de plus que moi. Il me dit « Si tu ‘tombais enceinte‘, tu pourras avorter. »  Je n’en ai pas eu besoin nous avons rompu avant.

Finalement, c’est un petit ami à qui je commence à m’attacher à 19 ans qui aurait pu faire de moi une mère si je n’avais pas été aussi éprise de liberté. Je me suis esquivée en laissant seulement un mot où je lui disais très succinctement que je n’avais pas l’intention de faire de lui un père. Bien des années plus tard, il me dira qu’il a d’autant plus souffert, qu’il n’a pas eu d’enfants.

Comment faire pour avorter en toute sécurité quand l’avortement est interdit en France ?  C’est simple, il suffit de faire comme une amie qui l’a fait avant moi, et je pars à l’étranger. Je pars à l’étranger pour des « vacances », en auto stop prévoyant d’utiliser l’argent du voyage pour «l’intervention ».

Pour moi, ça sera la Pologne. Une jeune femme trouve un gynécologue. C’est bien évidemment un mercenaire qui nous fait venir à son cabinet dans une charmante petite maison à la tombée de la nuit. « C’est illégal … ». L’anesthésie, un gaz qui insensibilise efficacement, me laisse consciente, bien qu’hallucinogène. Comme d’habitude, je veux saisir la réalité et à la fin du curetage, je demande « à voir » .Le praticien me montre ce que j’identifie comme un membre. Nous regagnons le studio où je vais passer les trois prochains jours. Nous sommes  en juin, il fait beau et après 24 h de repos absolu, j’ai le droit de sortir et je vais au jardin public, tout près. Après quelques minutes et quelques pas dans les allées, un papa, une poussette, … un enfant ! « J’ai tué mon enfant !»

Je me marie près d’un an après. Quelques mois d’angoisse, j’avoue à mon mari ce que j’ai fait. Notre ciel reste bleu ! Quelques mois encore et nous partons nous installer aux U. S. A.  Quelques mois encore, serais-je enceinte ? Je contacte une clinique qui fait des tests de grossesse gratuits. Quand je vais chercher le résultat, une jeune femme me reçoit dans son bureau. Si j’en crois son discours je n’aurais jamais de quoi  accueillir un bébé (le mobilier, etc.), élever un enfant est non seulement cher mais aussi difficile. Elle me propose un avortement ! « A quoi a-t-elle vu que je ne saurais être mère ? »  Je porterais ce pan de souffrance en plus pendant des années jusqu’à ce qu’une amie m’explique que « ces » cliniques proposent des tests gratuits pour attirer des femmes en difficulté.

Pour le présent j’ai quelques amies enceintes aussi. Ma grossesse se passe mal, je perds du sang, je vomis, je perds du poids et finalement  au 5e mois, après une nuit de contractions, je perds mon enfant à l’hôpital alors que le gynécologue de garde me pose des questions. Mes seins se gonflent et coulent. Je souffre. Comment aurais-je pu être mère, moi qui ai tué mon enfant ? Les ventres de mes amies s’arrondissent. Je souffre. Comment aurais-je pu être mère, moi qui ai tué mon enfant ?

Je n’aurai pas d’enfant. Le temps passe, pas la souffrance.  Avec la maturité, et la fertilité qui s’amenuise, elle redouble plutôt. Il suffit d’un titre dans les journaux, défense de l’avortement, manifestations contre l’avortement, attaques de cliniques, mouvements « pro vie », violences. Un vrai calvaire.

Finalement j’ai mal en permanence. Cela dure des années. Au cours d’une visite chez elle, ma mère me confie qu’enceinte de moi, elle a tenté de mettre fin à cette grossesse non désirée en se précipitant dans les escaliers, elle était si désespérée !

Au début des années 90, divorcée et revenue en France, j’entends parler d’une association  AGAPA,  proposant des parcours pour les femmes souffrant de traumatisme post-avortement, les compagnons de ces femmes et les enfants souffrant de syndrome du survivant.

L’approche est non confessionnelle. Le parcours, seule ou en binôme, se fait sur quelques semaines . Il y a des visualisations qui permettent de rencontrer son enfant, de lui donner un prénom  …  Pour moi, une vraie délivrance mais la réalité du passé demeure.

Rompre le silence, pour moi c’est l’espoir de faire que d’autres le rompent aussi, de faire que d’autres femmes, hommes et enfants survivants n’aient pas à souffrir, de mettre fin à la répétition de la violence, à l’aveuglement ou au mensonge.

Evenements

Nous sommes déjà un certain nombre de Françaises et Français à avoir témoigner de nos regrets d’avoir avorté publiquement à la télévision, à la radio, dans la presse et sur la voie publique.  (Cf activités et articles sur profils individuels)

3 Françaises ont déja participé à des événements organisés par la campagne Rompre le Silence avec la pancarte Je regrette mon avortement (I regret my abortion) en Irlande, au Canada et aux États-Unis (ajouter les photos et les vidéos )

Anne-Hélène Frustie (3ème en partant de la gauche) lors d’un rassemblement Silent no More devant le planning familial de Belfast aux côtés du Dr. Alveda King, nièce de Martin Luther King.

Anne-Hélène

Anne-Hélène Frustié témoignant devant des jeunes rassemblés pour défendre une écologie humaine à Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Béatrice

Beatrice Fedor, Française, coordinatrice de la campagne en Caroline du sud (Etats-Unis) lors d'une chaine pour la vie organisée en 2009. Photo prise sur son profil.

Beatrice Fedor, Française, coordinatrice de la campagne en Caroline du sud (Etats-Unis) lors d’une chaine pour la vie organisée en 2009. Photo prise sur son profil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nancy Garez

Nancy Garez (foulard rose) parlant avec un étudiant de l'université Mac Gill à Montreal, en septembre 2009.

Nancy Garez (foulard rose) parlant avec un étudiant de l’université Mac Gill à Montreal, en septembre 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amélie

Ci joint une vidéo de présentation de la campagne internationale  telle qu’elle a commencé

Nancy Garez

nancy garezJe suis née et j’ai grandi dans le Sud Ouest de la France. C’est là que j’ai eu un avortement, en 1980, et je le regrette profondement.

 J’aimais mon copain. Quand il a su  que j’étais enceinte, il m’a dit : “tu as 3 choix :

  • ou tu gardes le bébé mais je ne pourrai pas t’aider, je ne serai jamais un père de famille,
  • ou tu le donnes à l’adoption,
  • ou tu as un avortement”.

 J’attendais sans pouvoir prendre de décision.  Je me sentais comme une petite fille qui avait fait une grosse bêtise et allait être punie. Croyant bien faire , ma maman me conseilla l’ IVG: nous étions tres proches et elle ne voulait que mon bien. Elle savait que mon copain serait incapable de m’aider. L’ IVG semblait être la solution incontournable… Et  au fond, si d’autres le faisaient, et si la Loi l’autorisait, ça ne pouvait pas être si terrible!

 A contre coeur, je me suis rendue au planning familial: étape préliminaire a l’avortement. La, personne ne m’a parlé: on m’a juste donné un papier a remplir. Deux jours plus tard, j’étais à  la clinique: la procédure était celle d’un D et C (dilatage et curetage). Au moment d’être anesthésiée, j’ai ressenti un profond sentiment de malaise, d’incertitude, de honte… Quand je me me suis réveillée, j’avais  de fortes douleurs au ventre et de la fièvre. Cela dura deux jours. Je ne me suis pas inquiétée. Je voulais juste en finir vite, oublier tout ça…

 Quelques mois plus tard, mon copain et moi avons déménagé dans une autre ville. Là  j’ai commencé à avoir des crises de tacicardie: tout d’un coup, mon coeur battait tellement vite que je me croyais au bord de la crise cardiaque. Les crises étaient de plus en plus fréquentes et sévères. Je dus consulter un cardiologue: il déclara que c’était  lié au stress ou à l’anxiété, qu’il me faudrait en trouver l’origine… Finalement, je me suis résolue à quitter mon copain, pensant que ce serait la fin de mes problèmes.Je me consacrais a la peinture qui avait toujours été ma passion. Mais les  crises d’anxiété continuaient, et malgré quelques bons amis, je voulais  partir loin…

 Un jour , en rentrant d’une exposition, j’ai vu une vieille église sur la place d’un village avec la porte grande ouverte! J’y suis entrée et j’ai prié: ” Dieu, s’il te plait, fais que je rencontre un garcon qui m’amènera sur les routes d’Amérique!” Incroyablement, quelques mois plus tard, j’ai rencontré celui qui allait devenir mon mari: il travaillait au Canada, et je l’ai suivi!

Notre relation n’était pas toujours facile au début, à cause de nos blessures  passées. Lors de ma première grossesse, j’ai fait une fausse couche qui s’est terminée en hémorragie et aux urgences avec  quatre transfusions sanguines. Mon docteur soupçonnait des problèmes liés à mon avortement. Je craignais de ne plus pouvoir avoir d’enfant. Mais par bonheur, un an plus tard, mon premier fils est né. Quand je le regardais,si petit, si mignon, je pensais au bébé que j’avais avorté et comme il devait être beau lui aussi… J’ai commencé à avoir des cauchemars où je voyais un tout petit bébé disparaître sous l’eau et j’essayais d’attraper sa petite main tendue vers moi et je n’y arrivais pas! Ma conscience ne cessait de me tourmenter. Pour contrer mes remords et ma culpabilité, j’ai commencé à témoigner.J’avais cette idée que si je pouvais sauver deux bébés, le mien ne serait pas mort pour rien. Travailler pour défendre la vie, malgré les luttes et les frustrations, m’a aidée à guérir.

 En  2002, mon dernier bébé a été diagnostiqué in utero avec un grave problème génétique: trisomie 18. Il pouvait mourir avant la naissance ou juste après. J’ai dit au docteur que je n’avorterais pas une seconde fois. Dieu seul déciderait quand ce bébé allait mourir! Gérard est né et a vécu 26 heures pendant lesquelles il a été tenu et bercé par  ses cinq frères et soeur, et son doux visage restera à jamais gravé dans nos mémoires. Comme j’aurais du protéger ainsi son demi-frère avorté vingt ans plus tôt. J’aurais dû être plus forte et défendre sa vie!

 Une retraite post-avortement à la Vigne de Rachel a complété ma guérison morale et spirituelle. C’était une belle expérience ou j’ai rencontré d’autres femmes dans mon cas. Cela m’a donné le courage de témoigner en public, de dénoncer la grande douleur causée par l’avortement,  de rompre le silence!